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| NOM | Cerena | ![]() |
| DATE DE NAISSANCE | 0000-00-00 | |
| NATIONALITE | ||
Parlez -lui de son parcours déjà riche, elle soulignera d’abord la chance qui jalonne sa route : celle d’avoir “toujours pu rencontrer la bonne personne au bon moment”... Elle a sans doute raison, Cérena. Mais n’oublierait-elle pas un peu vite ce qu’auraient été ces coups de pouce du destin sans la somme du travail effectué, sans les années d’expérience passées sur scène à chanter les grandes chansons du répertoire, sans sa persévérance et sa volonté, sans cette voix unique, immédiatement identifiable, généreuse, chaleureuse, ensoleillée ?...
Née il y a 26 ans sous le soleil de Bastia, d’une mère corse et d’un père catalan, la musique fait très tôt partie de sa vie. Mais Cérena ne se rêve pas chanteuse. Pas encore.A la maison, ses parents écoutent les Beatles, Cat stevens et le classique Dvorak tandis que sa grand-mère chante ce qu’on entend à la radio, les tubes de l’époque. De son côté, Cérena suit assidûment ses cours de piano, et prend tout de ce large éventail musical. Elle écoute, elle assimile. Un jour, c’est certain, de cette culture hétéroclite elle fera quelque chose ! Mais quoi ? Le premier sursaut vient de son baptême tardif, à 12 ans. Cérena découvre alors les églises, leur acoustique, et se rend régulièrement à la messe où elle laisse enfin parler sa passion. Elle chante, Cérena, elle chante... A tue-tête. Avec ferveur. Tellement qu’elle raconte aujourd’hui (non sans humour ! ...), que sa voix couvrait celle des autres, si bien que l’on entendait plus qu’elle. Du coup, la discrète et timide adolescente s’en trouve gênée : lasse de «piquer régulierement un fard», elle finit par fuir l’office ! mais trop tard... le virus de la chanson l’habite déjà !Désormais, dés que l’envie la prend, elle s’installe sur le bitume, tout prés de chez elle, dans le 15 ème arrondissement parisien où la famille est venue vivre depuis que papa a été muté dans le Nord. Et elle pousse la chansonnette, Cérena, accompagnée de sa guitare flambant neuve ! «Une guitare, c’est tellement plus simple qu’un piano quand on veut jouer dans la rue !», raconte-t-elle dans un éclat de rires... Bref, l’adolescente livre aux passants des reprises célèbres, mais aussi ses propres chansons, celles qu’elle a écrites avant de les faire corriger par son grand-père («Libre» fait déjà partie de son répertoire !) A la terrasse du café d’en face, papa et maman veillent au grain... Il faut dire que Cérena n’a pas quinze ans !
C’est là que le destin lui offre son premier clin d’oeil, sa première “rencontre”. Comment refuser cette offre qui lui est faite : chanter là où tant de légendes d’autrefois on débuté, dans ces mythiques cabarets parisiens qui participent à la renommée internationale ? “Je l’ai un peu oublié ; et j’ai anticipé ! ...” Alors, chaque soir, elle chante devant un parterre de touristes venus du monde entier. Au “Pied de la Butte”, à “la bolée”, ou “Chez ma cousine”, elle interprète le répertoire de Joséphine Baker, de Maurice Chevalier, mais aussi de Céline Dion ou de Gloria Gaynor. Dans toutes les langues, ou presque. “Pas en Japonais : trop compliqué ! C’était mission impossible...” Modère-t-elle, amusée. Quoiqu’il en soit, une chose est sûre, Cérena a trouver sa voie : désormais c’est de sa voix dont elle veut faire sa vie !...Alors, elle tente sa chance dans quelques tremplins de la région parisienne. Deuxième “rendez vous” avec le destin... Lors de l’un de ces concours qu’elle remporte haut la main, elle gagne la possibilité d’enregistrer une maquette dans un petit studio, à Montmartre. Et c’est le grand tournant... Lorsque les patrons du studio l’entendent, ils s’entichent aussitôt de sa voix, et l’incitent à enregistrer le très personnel “libre” plutôt que la reprise de Piaf qu’elle avait prévue. Le matériel en main, il ne lui reste plus qu’à le présenter à d’éventuels producteurs. Franchement, Cérena y avait à peine pensé !...
Ce sont les patrons du studio, devenus ses amis et ses premiers fans, qui l’y incitent. Souvent réunis dans un petit restaurant de la rue Damrémont où les propriétaires sont aussi des amis, la joyeuse bande parvient finalement à convaincre la timide Cérena de trouver confiance et ... traverser la rue ! Juste en face du restaurant, se trouvent en effet les bureaux d’un producteur qu’on ne présente plus : Orlando. Troisième “rendez-vous”. Comme une “évidence”. “L’ intuition que mon producteur serait Orlando, et personne d’autre”, dit-elle aujourd’hui. On connaît la suite... En 2003, “libre” devient un single. Une chanson acoustique hors du temps, hors-cadre, aux sonorités rétro qui séduit immédiatement et pose les jalons d’une personnalité que l’on devine attachante et atypique. Un peu plus tard, c’est un duo avec Umberto Tozzi, “toi, tu”, qui installera davantage Cérena dans le coeur du grand public, et lui fera connaître les hauteurs du top 50.
L’examen de passage brillamment réussi, Cérena nous revient avec “la tête haute”. Un premier album à l’image de son jeune parcours : coloré, riche, diversifié. En 14 titres, la chanteuse se drape de multiples influences qu’elle a beaucoup chantées. Un album varié au sens littéral du terme, populaire, sans sectarisme. Un album qui enchaîne balades, rythmes ensoleillés et chansons pop avec une simplicité, une générosité et un sens du partage que l’on n’a trop peu l’habitude d’entendre ces derniers temps. Pas de doute, dés les premières notes de «la tête haute» on le devine : une interprète majuscule est née. Intemporelle. Au service de ses chansons. De celles devenues rares, qui renouent avec la grande tradition, celles que l’on avait un peu perdu de vue depuis les années 70, quand la chanson française se composait de grandes mélodies immédiatement mémorisables, quand elle se teintait encore d’une vraie variété ! A une époque résolument sombre et pessimiste, les chansons de Cérena se veulent souvent joyeuses, toujours positives, fraîches, pleines d’un optimiste qui fait du bien. Parmi les auteurs-compositeurs qui se sont joints à la belle aventure, citons notamment Lionel Florence, jean-Pierre Buccolo, Didier Golemanas, Sylvain Lebel, Christian Loigerot et les frères Nacash. Tous ont mêlé leurs talents pour faire ce premier opus le miroir d’une jeune fille de 22 ans comme beaucoup d’autres : les ruptures cicatrisées, les amours partagés, les passions assouvies. “Je voulais que mon disque me ressemble”, dit-elle.
Deux tubes en puissance “Rosso” qu’elle soit dans sa version italienne ou italo française cette chanson dégage une énergie qui met en valeur sa puissance vocale, et “On cherche l’amour” qui devrait rencontrer la faveur du public. Et puis, il y a “Ma terre” aussi, hommage à sa Corse natale qui permet à Cérena de se laisser dévoiler un peu plus. Une chanson signée d’une certaine ... Hélène Segara. Et “D’une femme à l’autre” (écrite par Calogero, Gioacchino et Elodie Hesme), chanson miroir par excellence qui n’est pas sans évoquer les rapports que Cérena entretient avec sa mère et ceux qu’elle entretenait autrefois avec sa grand-mère ; l’amour en partage, le bonheur reconnu et savouré. Cette grand-mère chérie, le pilier de sa vie, sa confidente, sa bonne étoile, veille aujourd’hui sur elle pour l ’éternité... Elle lui dédie l’album, et lui laisse une longue et belle lettre. Comme une thérapie, pour conjurer l’absence, le manque de celle qui la voyait comme “un être de paix”. Cérena, “un être de paix”, avez-vous dit ? Grand-mère avait tellement raison...